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Date : 13/05/2009
Lieu : Paris
Salle : Bataclan
View : 1593 fois
Catégorie : concert
Alors que la polémique fait à nouveau rage autour d’Orelsan et de sa déprogrammation des Francofolies, il me semble de bon ton de prendre position pour la liberté d’expression et pour ce « rappeur loser » que j’admire en vous racontant son concert au Bataclan le 13 mai dernier.
On n’est même pas dans la salle qu’un parfum de polémique se fait sentir. Une manifestation de féministes attend les spectateurs à l’entrée du Bataclan. En cause ? Les textes « choquants » d’Orelsan, perçus comme une incitation à la violence envers les femmes, notamment la chanson Sale Pute, qu’il ne chante pas en concert. Comme une impression de déjà vu concernant cet éternel débat : un morceau de musique décrit comme « violent » incite-t-il à la violence ou permet-il au contraire au spectateur une catharsis salutaire ? Le même procès a déjà été fait aux jeux vidéos… Ce soir là en tout cas, j’ai vraiment l’impression que les garantes de l’ordre morale se trompent de cible et que les vrais combats sont ailleurs.
Le concert commence donc avec la chanson No Life, un portrait au vitriol de cette génération dépression, biberonnée au whisky coca et qu’Orelsan décrit avec une acuité effarante et un flow ravageur. Dans le public, pas un gars en slim à l’horizon, mais plutôt le retour en force de la casquette et du baggy. Moi qui n’avait pas réécouté de rap depuis le Marshall Mathers LP d’Eminem, j’ai adhéré dès la première écoute à la franchise hilarante qui transpire de ces textes. Un concert d’Orelsan a ce même aspect jouissif qu’un spectacle de Stéphane Guillon, ou un film de Sacha Baron Cohen, on en sort comme revigorés par leur cynisme et leur humour noir.
Chaque chanson dynamite un peu plus le bon goût, mais ce qui rend l’ensemble exceptionnel c’est qu’Orelsan use de son verbe tranchant pour se moquer de lui-même au premier chef. On est loin des paroles trash de TTC qui ne font que se glorifier eux-mêmes de manière embarrassante.
La mise en scène est exaltante, avec la présence aux côtés du rappeur de « cette salope de lapin blanc » (personnage récurrent de Changement) et un combat de Street Fighters sur Playstation diffusé sur écran géant. Puis, peut-être réflexe de son passage en école de commerce, Orelsan nous fait carrément défiler un power point sur Un gros poisson dans une petite mare, chanson qui décrit avec lucidité les aspirations et les rapports de pouvoir des gens de son microcosme, une sorte de Caractères de la Bruyère new age, en somme.
Sur Changement, Différent et Perdu d’Avance, c’est une forêt de bras qui accompagnent son flow mitraillette. Orelsan, c’est un loser magnifique, c’est le gamin qui se prend pour Batman (Logo dans le ciel) et qui réussit à nous mettre une bonne claque de mauvaise foi dans la figure en étant pourtant ce qu’on a vu de plus sincère depuis des lustres. Il nous épargne un discours politico-rebelle irritant mais chacune de ses punchlines est une pépite de mauvais esprit, salvateur en ces temps aseptisé à la Mika et son ersatz stéphanois Sliimy. (Là c’est moi qui fait preuve de mauvaise fois, j’adore Mika et Sliimy).
Les paroles d’Orelsan sont tellement crasseuses, méchantes et teignes qu’elles font rire mais il n’oublie pas de faire son autocritique dans La Peur de l’Echec, sa dernière chanson. Orelsan finit d’ailleurs le concert en enlevant son t-shirt, certainement pas pour déchaîner les foules mais plutôt pour parachever la mise à nu qui parcourt tout son album.
On n’est même pas dans la salle qu’un parfum de polémique se fait sentir. Une manifestation de féministes attend les spectateurs à l’entrée du Bataclan. En cause ? Les textes « choquants » d’Orelsan, perçus comme une incitation à la violence envers les femmes, notamment la chanson Sale Pute, qu’il ne chante pas en concert. Comme une impression de déjà vu concernant cet éternel débat : un morceau de musique décrit comme « violent » incite-t-il à la violence ou permet-il au contraire au spectateur une catharsis salutaire ? Le même procès a déjà été fait aux jeux vidéos… Ce soir là en tout cas, j’ai vraiment l’impression que les garantes de l’ordre morale se trompent de cible et que les vrais combats sont ailleurs.
Le concert commence donc avec la chanson No Life, un portrait au vitriol de cette génération dépression, biberonnée au whisky coca et qu’Orelsan décrit avec une acuité effarante et un flow ravageur. Dans le public, pas un gars en slim à l’horizon, mais plutôt le retour en force de la casquette et du baggy. Moi qui n’avait pas réécouté de rap depuis le Marshall Mathers LP d’Eminem, j’ai adhéré dès la première écoute à la franchise hilarante qui transpire de ces textes. Un concert d’Orelsan a ce même aspect jouissif qu’un spectacle de Stéphane Guillon, ou un film de Sacha Baron Cohen, on en sort comme revigorés par leur cynisme et leur humour noir.
Chaque chanson dynamite un peu plus le bon goût, mais ce qui rend l’ensemble exceptionnel c’est qu’Orelsan use de son verbe tranchant pour se moquer de lui-même au premier chef. On est loin des paroles trash de TTC qui ne font que se glorifier eux-mêmes de manière embarrassante.
La mise en scène est exaltante, avec la présence aux côtés du rappeur de « cette salope de lapin blanc » (personnage récurrent de Changement) et un combat de Street Fighters sur Playstation diffusé sur écran géant. Puis, peut-être réflexe de son passage en école de commerce, Orelsan nous fait carrément défiler un power point sur Un gros poisson dans une petite mare, chanson qui décrit avec lucidité les aspirations et les rapports de pouvoir des gens de son microcosme, une sorte de Caractères de la Bruyère new age, en somme.
Sur Changement, Différent et Perdu d’Avance, c’est une forêt de bras qui accompagnent son flow mitraillette. Orelsan, c’est un loser magnifique, c’est le gamin qui se prend pour Batman (Logo dans le ciel) et qui réussit à nous mettre une bonne claque de mauvaise foi dans la figure en étant pourtant ce qu’on a vu de plus sincère depuis des lustres. Il nous épargne un discours politico-rebelle irritant mais chacune de ses punchlines est une pépite de mauvais esprit, salvateur en ces temps aseptisé à la Mika et son ersatz stéphanois Sliimy. (Là c’est moi qui fait preuve de mauvaise fois, j’adore Mika et Sliimy).
Les paroles d’Orelsan sont tellement crasseuses, méchantes et teignes qu’elles font rire mais il n’oublie pas de faire son autocritique dans La Peur de l’Echec, sa dernière chanson. Orelsan finit d’ailleurs le concert en enlevant son t-shirt, certainement pas pour déchaîner les foules mais plutôt pour parachever la mise à nu qui parcourt tout son album.
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Commentaires
Son album est pas mauvais du tout, j'aimerais bien le voir sur scène. Pour "Jimmy Punchline" au moins qui est surement le meilleur titre de l'album à mon avis.
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