Rosemary - Carol's Baby

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Date : 25/04/2009

Lieu : Paris

Salle : La Cave se rebiffe

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Catégorie : concert

Flo

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C’est à la Cave se Rebiffe, un bar restaurant au charme certain à deux pas de République, que le quatuor rock de Rosemary nous avait donné rendez-vous. Dix-huit heures un samedi sous une voûte de pierre, le plan était parfait.


Le groupe attaque par « L’alcool me chavire », ode mélancolique aux nuits d’ivresse, qui en saisi d’emblée l’essence et la tristesse. Après une ou deux chansons, Carol, la chanteuse, nous intime l’ordre, souriante, de nous rapprocher au plus près de la scène. Déjà là, alors qu’alternent les chansons brut d’énergie avec des chansons plus douces mais non moins enlevées, le groupe se donne à fond pour nous offrir un set épatant qui mêle dans le même temps la douleur et la douceur.


Se revendiquant d’influences comme K’s Choice ou Eiffel, Rosemary c’est une complicité qui lie deux guitares, une basse, une batterie et le timbre de voix de Carol tout à la fois fort et fragile où l’on sent poindre une sensibilité à fleur de peau. Il y a une sincérité rare qui se dégage du groupe, dont Carol, qui compose et qui chante, est l’impulsion, le détonateur. Elle va de l’un à l’autre, joue de sa guitare avec ses musiciens, partage véritablement le moment avec eux, sans pour autant exclure le public, qu’elle interpèle entre chaque chanson.


En 13 morceaux, Rosemary nous entraîne ce soir là dans son univers, un monde en noir et blanc entaché de rouge, fait d’histoires urbaines et humaines, nimbé de la poésie qui imprègne chacun de ses textes. Mention spéciale à « Deux corps se percutent » qui est mon préféré, tout en tension, alternant violence et retenue, passant de l’ombre à la lumière au gré de courants d’émotions dont on sent qu’ils submergeraient le cœur le plus endurci. Si la musique de Rosemary laisse transparaître par moments une angoisse sourde qui évoque le film de Polanski, Rosemary’s Baby, n’ayez crainte, point de satanisme dans leur jeu tout à la fois chaleureux et capable de nous faire frissonner.


Et la générosité qui se dégage du groupe n’est pas feinte, car elle aurait pu s’arrêter avec le dernier morceau mais il n’en est rien, tout le monde reste à dîner, membre du groupes, amis et public confondus et c’est plus tard, en rentrant qu’on se dit que si Rosemary était de chaire et de sang, elle partagerait certainement avec Mia Farrow (la Rosemary de Polanski) son apparence nerveuse et éthérée. Oiseau de nuit, elle virevolterait sans cesse de troquets accueillants en recoins sombres pour disparaître soudainement. Insaisissable.



www.myspace.com/1rosemary




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