Alela Diane - Something Gone Away

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Date : 04/01/2009

Lieu : Lille

Salle : Aéronef

View : 640 fois

Catégorie : concert

Elle n'est pas à proprement parler jolie. Elle n'est pas ce qu'on appelle une belle fille. Mais quand elle apparut, dans sa tunique noire, une mince ceinture de cuir marron autour des hanches, une tresse qui accompagne la frange que forment ses cheveux, ses minces épaules dénudées, elle devint vite bien plus qu'une femme, cet objet de désir.
Elle susurra un bonsoir. Un sourire simple se dessinait sur son visage. La réaction du public la fit rire, simplement.
Elle attrapa sa guitare de ses fines mains, la passa autour de son cou autour duquel se trouvait un collier de perles.
Les premières notes imposèrent le silence. Les discussions cessèrent. Les gens ne se regardaient plus. Ils fixaient la jeune femme, qui, naïve, chantait sans s'interrompre, concentrée et attentive.
Elle termina par le premier "merci" de la soirée. Heureuse d'être là. Ses lèvres esquissaient toujours ce même sourire sincère.

Elle n'a que 26 ans. Elle est née en Californie. Ses traits rappellent les indiens. A la fois doux et sévères. Sa voix rappelle Joan Baez. Elle aussi avait ce teint mat et ces traits si spécifiques. Elle distille la même musique. Le folk, cette musique directe et simple, qui va directement à l'âme. Sans intermédiaire. Sans artifices.
Il ne lui a suffit que de quelques accords et de sa voix pour entrainer toute la salle vers ce monde parallèle.
Elle appela son père pour l'accompagner. Elle le regarda avec respect, reconnaissance et admiration, osa des hochements de tête, quelques pas de danse en suivant le rythme, gracieux et légers.

Tout s'enchaîne. Avec ou sans musiciens, cette jeune femme a tout compris, de A à Z. Elle porte le monde sur ses fines épaules, sifflote avec insouciance, consciente que ce n'est que pour un instant. Elle a cette capacité rare de raconter. D'arrêter les gens. De les toucher, simplement, avec la flèche de son arc. Elle exprime les sentiments, les envies et le temps perdu, que l'on ne retrouvera plus. Elle parle de sa mère, la chante. Les paroles s'envolent dans la salle. Des frissons saisissent les alentours.

Elle suspend le temps, aisément. Le temps qui s'est écoulé n'est plus qu'un instant. Un unique sentiment. Quelque chose qui a fuit, au loin. Un instant volé d'apesanteur, éphémère et inoubliable.

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Commentaires

2 avril 2009 à 14:13
superbe chronique!

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