
Date : 19/03/2009
Lieu : Lille
Salle : Aéronef
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Catégorie : concert
La journée ensoleillée commençait à fléchir. La luminosité baissait, et le soleil avait complètement disparu, donnant aux anges-démons qui peuplent les rues de Lille des airs effrayants.
Quand, telles le soleil, les lumières commencèrent à s'éteindre dans la salle, un silence apparut. Un garçon arriva, l'air grave. Quelques cliquetis résonnèrent. Ils se répétèrent. Pantha du Prince commençait à construire son concert, à base de bruits divers, et de boucles de basses à la fois dansantes et terrifiantes. Aux passages faits entièrement de bruits succédaient des mélodies. Les têtes commençaient à hocher, des corps entamaient leurs danses chaotiques.
Cette musique inclassable marquait le début d'une soirée toute aussi inclassable.
Les lumières se rallument. Des gens parlent. Et, quand ces lumières se reteignent, quelques minutes plus tard. La clameur monte.
L'homme sur la gauche de la scène, à la lumière sur le front, celui qui se fait appeler Geologist, ne cesse jamais de bouger. Au milieu, Panda Bear, avec ses airs de jeune premier, ne s'arrête jamais de bouger, d'instruments en instruments. Hurlant dans un micro, tambourinant parfois. Sur la droite, concentré sur ses machines, Avey Tare lance boucles sur boucles, avec un sourire de gamin. Il s'amuse à jeter des onomatopées dans son micro, qui se répètent grâce à l'écho.
On ne discerne pas grand chose dans ce brouhaha sonore. Mais il est impossible d'empêcher les cous de remuer les têtes qu'ils portent. Rotations, mouvements verticaux et horizontaux. Des vagues se dessinent, les bras s'agitent. Le public entre dans la danse, dans la transe.
Et ce pendant jusque la fin épique. Un feu d'artifices. Fireworks résonne après une intro psychédélique au possible. Sombre malgré son air enjoué, la chanson reprend ses droits, avant de laisser la place à un interlude. Personne n'aurait cru après ce quart d'heure dantesque, où les guitares et les tambours martelaient les oreilles d'un son magique, qui a le pouvoir de faire voyager, qu'ils retomberaient sur leurs pattes, et termineraient gentiment le morceau avant d'enchaîner, toujours sans aucune coupure, le Brothersport qui clôturera ce concert. L'Afrique est là. Enfantins, naïfs. Ce sont des gamins qui jouent et chantent. La transe approche. Nous ne sommes plus que des vieux sages, paumés dans un quelconque village, implorant le ciel pour de la pluie, dans une danse saccadée. Nous sommes possédés.
Quand le son s'arrête, un silence se fait. Quelques applaudissements jaillissent. Puis le public applaudit. Le réveil est dur. Tout comme la reprise. Quand ils reviennent et proposent un morceau lent, planant, il est plus difficile d'accepter le voyage. Mais le "My Girls" final finira par nous emporter, toujours plus loin.
Tout se rallume. Des regards se croisent. "J'étais loin" me dit un ami. Je ne sais plus s'il pleuvait en sortant. Sûrement que non.
Mais c'était tout comme.
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