
Date : 25/03/2008
Label : Third Man Records/Warner Bros. and XL Recordings
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Catégorie : cd
Après la grosse claque que nous avait mis le premier album, on était impatient d’entendre la suite du groupe formé par Jack White et Brendan Benson il y a deux ans, accompagnés du combo rythmique des GreenHornes, Jack Lawrence et Patrick Keeler. Avant même sa sortie, ou plutôt au moment même de sa sortie, ce disque a une saveur particulière ; Jack White s’est mis dans la tête de ne parler de l’album à personne, ne révélant sa sortie aux médias que le jour même où le cd se trouvait dans les bacs ! Ne faire aucune promo de l’album, c’est parier sur la qualité de son contenu, ce qui, pouvant passer pour prétentieux, n’en est pas moins formidablement audacieux… Le visuel adopté par le groupe pour ce nouvel album est bien retro, l’album compte plus de chansons que son prédécesseur, autant d’éléments qui ne nous donnent que l’envie d’écouter l’album lui-même, seule clé de tout cet engrenage.
La première chanson, Consolers of the lonely, donne un ton bien rock, dans la veine de l’album précédent, de qualité égale. Les guitares sont bien grasses, le rythme soutenu, le chant attrayant, mais surtout le son est unique, résolument retro. Et c’est ce qui va marquer cet album : quelque soit le style, quelques soient les ambiances, The Raconteurs s’est forgé un son et une identité forte. Peu surprenant, Jack White en est en grande partie responsable.
Le single, Salute Your Solution, porte définitivement la patte de l’homme en rouge et noir. Structure simple, solos incomparables, Jack White s’affirme comme l’élément indispensable du groupe. Et c’est avec ce moteur vintage que le groupe construit un album comme on en a plus fait depuis trop longtemps. Et si le début de l’album nous avait laissé sur un rock ravageur, la suite fait taire tous les doutes que l’on aurait pu avoir sur la capacité des Raconteurs à explorer d’autres voies.
Que ce soit avec des chansons très éclectiques, des ballades ou des brulots rock plus classiques, le groupe flirte toujours avec le cliché, sans jamais y tomber. Les guitares acoustiques d’Old Enough et Top Yourself apparaissent classiques mais Jack White et Brendan Benson leur donnent une identité nous faisant oublier tous les morceaux auxquels ils nous font penser pour ne plus entendre qu’une chose : The Raconteurs. Hold up, surprenant avec sa structure très hard rock riff/solo, nous montre qu’on n’a pas affaire à des manchots, qui savent aussi faire dans la douceur avec You don’t understand me, ballade au piano ou Many shades of black, lumineuse perle de l’album.
A partir de cette chanson, au milieu de l’album, The Raconteurs s’est déjà affirmé comme un groupe à l’envergure démesurée, qu’aucun groupe du même format ne saurait surpasser. La seconde moitié de l’album les fait se lâcher un peu plus et on assiste à une déferlante de chansons aussi géniales qu’iconoclastes. Five on the Five qu’on a déjà pu entendre en live, prend toute sa (dé)mesure en version studio, de même que Attention. La fin de l’album est dans le ton de celui-ci, très rétro. Du blues avec Put this blankett off et Rich Kid Blues, ce dernier n’ayant rien d’un blues classique pourtant. Le très Zeppelinien These stones will shout résonne comme une sorte d’hommage à la principale influence du groupe et Carolina Drama, fin dantesque, eternel phénix nous laisse pantois sur notre fauteuil.
On a toujours un peu su que cet album allait être spécial. On le déballe de son emballage plastique et on le met dans le lecteur mais au final on a l’impression d’avoir dépoussiéré un vieux vinyle. Ce disque donne l’étrange impression d’avoir déjà vécu, d’avoir déjà acquis l’envergure d’un grand album, produit par un grand groupe de son temps, que l’on aurait oublié. The Raconteurs est définitivement un grand groupe de rock, porté de tout son poids par un Jack White qui s’impose en tant que chanteur/guitariste soliste/claviériste/compositeur. Il y a des choses qui se bonifient en vieillissant, Consolers of the lonely semble avoir déjà bien vécu, et on ne peut s’empêcher de penser qu’on s’en souviendra encore aussi longtemps qu’on s’est souvenu des groupes qui ont su être à la hauteur de leurs prétentions.
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