Bob Dylan - Bringin' It All Back Home

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Date : 22/03/1965

Label : Columbia Records

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Catégorie : cd

« I was riding on the mayflower when I thought I… ». Incessant fou rire, du plus profond du cœur des personnes présentes. Bob Dylan’s 115th Dream, rêve interrompu par la solitude. Il est là, avec sa jolie veste noire, dans la cabine du studio, la guitare accrochée aux épaules et l’harmonica autour du cou. Personne ne le suit. Il s’arrête, perplexe, et éclate de rire, entraînant avec lui le studio entier. Il repart ensuite. Et tous les musiciens, cette fois concentrés et prêts à intervenir, entrent. Le morceau explose et s’envole.
Le nouveau Bob Dylan est né.

Accompagné maintenant d’un orchestre, et aidé par une jolie fée, l’électricité, le poète engagé du début des années 60, chantant avec Joan à la « March on Washington », après le « I have a dream » de Luther King cède sa place. Adieu engagements. Adieu politique. La modernité avant tout ! La même recette, mais de nouveaux moyens.
Quelle spontanéité ! Les morceaux sont improvisés en studio, à base d’une grille d’accords et d’un tempo, c’est parti, tout le monde fait sa sauce, on égalise un petit peu ensuite, quelques réglages, et naît un chef-d’œuvre. Le son est âpre. Ca accroche les oreilles.
Trahison suprême ! Qui aurait cru que le prince du folk se détournerait de sa cour, fuyant vers le rock, ce qu’on appellera le « folk-rock ». Lui il parle de musique mathématique, pour se foutre des journalistes.
Dès la première seconde on est essoufflé par le « Subterranean Homesick Blues ». Le clip est significatif. Un jeune homme, veste sur les épaules et l’air perdu jette des cartons avec des mots dessus. Allen Ginsberg papote derrière.
« Love Minus Zero/No Limit » et « It’s all over now, baby blue » restent dans la lignée folk, avec ces petits gimmick de stratocaster derrière, et une batterie. Des blues haletant, des ballades plus calmes, une voix toujours aussi étrange, beaucoup d’humour et une plume toujours aussi belle.
Dylan est plein de dédain. Conscient de la révolution qu’il lance ; il sera sifflé au Newport Folk Festival durant l’été.

La première face est électrique. La seconde acoustique. Comme ce concert. Après ces huées, cette trahison, cette perfidie, il revient sur scène pour jouer deux titres, seul avec son harmonica et sa guitare : « Mr. Tambourine Man » et « It’s all over now, baby blue ». Comme un constat, les temps changent, adieu vous tous, je m’en vais sur de nouvelles terres, suivez moi si vous le voulez, sinon tout est terminé.
Fuir ; toujours être ailleurs, comme toujours.

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