
Date : 08/08/1964
Label : Columbia Records
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Catégorie : cd
Une nuit devant soi, une bouteille de vin, un ou deux harmonicas, une guitare et un piano. Rien de plus.
On l'attendait en protestataire, dénonçant ça et là ce triste ce monde. Il présente un autre côté de sa complexe identité. Adieu "The Times they are a-changin' " ou "The Freewheelin' Bob Dylan". Maintenant, il parle d'amour. Spontanément, sans concessions, sans avoir répéter. Il se trompe dans les accords de "My Back Pages", manque d'éclater de rire pendant "I Shall Be Free No. 10", traîne et improvise des parties d'harmonica entre les couplets.
Cet album est le premier contrepied de l'icône de sa génération, le porte-parole désigné, l'homme sur qui l'on compte. Pourquoi ? On ne sait pas, mais on compte dessus. On l'avait vu, en 63, aux côtés d'un Martin Luther King juste après le "I have a dream", devant les 300 000 personnes. Il avait chanté "When the Ship Comes In", le message de la chanson est pourtant clair : "Vous verrez, j'arrive, vous ne me connaissez pas, mais je serai là, celui qui changera l'histoire de la musique".
Un an plus tard donc. Il n'a que 22 ans et il est déjà un symbole. Dur à porter. Alors il fuit.
La recette est toujours la même. Quelques accords de guitares enrichis, des solos d'harmonicas aléatoire, et des textes. 22 ans seulement et une telle maturité dans l'écriture. Entre l'absurde, le surréaliste et la chanson d'amour. Qu'importe les erreurs, les mélodies simples (qu'on retrouvera plus tard sur Bringin' It All Back Home Again -"Motorpsycho Nitemare" et "Bob Dylan's 115th Dream-), les textes portent les chansons entièrement.
La fuite est expliquée, plus ou moins explicitement dans "My Back Pages" ("Oh but I was much older then, I'm younger than that now"). Another Side of Bob Dylan annonce le tournant rock. "Ballad in Plain D" et ses 8 minutes annoncent "Sad-Eyed Lady of the Lowlands", chanson d'amour absolue, alors que "Chimes of Freedom" résume l'album à elle toute seule ; simplicité, authenticité, spontanéité et émotion.
Bob Dylan s'éloigne doucement, il rejoint l'horizon, plus personne ne l'arrêtera. Jamais.
"I do not apologize for being me nor any part of me". Bob Dylan
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