
Date : 07/07/2008
Lieu : Granville
Salle : Village Tour de France
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Catégorie : concert
Quand on a dix-neuf ans, les vacances d'été se résument souvent à des corvées pour se faire de l'argent de poche : ramasser des pommes ou faire la plonge par exemple. Les Shades, eux, ont été embauchés pour animer les pots d'arrivées sur les étapes du Tour de France à la Voile. Entre une remise de prix et une démonstration de Rock Band sur X-Box, ils jouent ce soir-là à Granville, en Normandie, où le vent n'a pas manqué de venir honorer les voiliers ni le groupe parisien qui a le vent en poupe. Mais à leur habituel public de jeunes filles en mini-jupes et de jeunes hommes en cuir noir, se substituent monsieur le Préfet et des familles en coupe-vent Décathlon. Mais où est passé le rock'n roll ? Il semble que Les Shades s'interrogent aussi.
Pour l'occasion, ils n'ont pas pris la peine de s'habiller tout en blanc, leur uniforme officiel. Le public ne s'approche pas trop de la scène, de toute façon des pancartes en bords de scène claquent au vent et éloignent au large le seul public présent. Pour réchauffer l'atmosphère, le Tour offre des coupes de champagne descendues pendant que joue la première partie, le groupe local les Kitschenettes, qui reprend des tubes Yé-Yé avec un humour et une fougue déconcertante. Puis les Shades entrent en scène. L'organiste Hugo arrive en retard, le vent lui vole son foulard et ses cheveux ondulent. Les rares filles en fleur présentes exultent. Le chanteur-guitariste Benjamin entame les premières notes de Heroes de David Bowie qui gagne vite en intensité. Décidément, d'abord noyés dans la vague d'adolescents parisiens prenant d'assaut le Bar 3 puis le Gibus, les Shades ont depuis gagné en maturité, couvés par leur producteur Bertrand Burgalat.
L'album Le Meurtre de Venus sorti sur Tricatel en mars 2008 clouait le bec à ceux qui pensent que la langue française n'est pas appropriée au rock. Avons-nous tous oublié Taxi Girl ? Pas les Shades, c'est certain. Entre fougue juvénile et insolence dans l'écriture, Si les Shades n'ont rien perdu de leur fougue juvénile et de l'insolence dans l'écriture, ils ont développé la maîtrise de leur instrument. Le brouhaha des fûts et les fausses notes de leurs débuts ont bénéficié des bons conseils de leur mentor Burgalat mais surtout de leurs nombreux concerts.
Ce soir les Shades sur scène manquent peut-être de motivation et de sommeil. Mais les hésitations qui abîment Les Yeux Fermés marquent un des points d'orgue du show. Quant aux singles Orage Mécanique ou Enfant Prodige, ils fonctionnent aussi très bien live. Pour finir, c'est le Temps Presse qu'ils prennent plaisir à faire tenir sur la longueur en maltraitant leurs instruments et se lâchant enfin un peu. Ils prolongent leurs solos respectifs, probablement pour le plaisir de laisser les marins perplexes par cette tempête portée par la jeunesse rock tricolore..
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Commentaires
Sinon, le concert, rien à dire, très pros, bonne pèche et tout.
Ca doit être différent de les voir à Paris.
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