Biographie d'artiste/groupe musicien sur Musity - The Monks

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The Monks
12 novembre 2008 à 15:44 par Docteur Faustroll
1964, Gelnhausen, Allemagne.

5 GI américains qui s'ennuient décident de monter un groupe de garage rock, pour passer le temps. Ils mettent ce projet à exécution sous le nom de Torquays; après quelques années à chercher quelque chose qui puisse les distinguer des autres formations garage, ils finissent par trouver la recette miracle.

Tout d'abord, ils changent de nom; ils deviennent les Monks, et adoptent une coiffure en conséquence: ils se rasent le haut du crâne, s'habillent d'un noir parfaitement monacal, et se promènent joyeusement avec une corde de pendu autour du cou.

Cette esthétique pour le moins radical s'accompagne d'un son dévastateur: le banjo acéré et métallique de Davis Day (récemment décédé dans l'indifférence générale de la presse musicale) se mêle à l'orgue hystérique de Larry Clark, le tout soutenu par une section rythmique tribale et minimaliste assurée par Eddie Shaw à la basse et Roger Johnston à la batterie.

Au dessus de cet assemblage à la fois concis et dément, Gary Burger s'époumone tel un prédicateur habité, scandant des textes qui témoignent d'un état mental assez inquiétant (à mi chemin entre haine, paranoia, et pure et simple bêtise); il tient aussi la guitare, et d'aucun prétendent qu'il aurait inventé le feedback, avant de se faire piquer la technique par Jimi Hendrix lui même (Hendrix aurait assisté à un show londonien des Monks). Le tout s'alliant à des choeurs qui évoquent plus un rituel sauvage sur fond de comptine pop stupide que les grandioses harmonies beachboysiennes.

Cet ensemble sonore halluciné, qui préfigure les folies noisedu Velvet Underground, est capturé l'espace d'un unique album, Black Monk Time, sorti en 1966, et offrant un contraste extraordinaire face aux autres productions musicales de l'époque (Pet Sounds ou Revolver par exemple), qui font franchement office de chorales scouts à coté de ce disque caustique, ironique, furieusement noir et absurde. Les 12 chansons de l'ouvrage ne durent jamais plus de 3 minutes 30, et témoignent d'une frénésie à la fois bestiale, désespérée, ironiques et surtout souvent franchement idiote.

Malheureusement, le succès ne sera pas au rendez-vous; deux ans après Black Monk Time, le groupe se sépare, et tombe plus ou moins dans l'oubli. Il faut attendre 1994 pour que leur unique album se voit réédité; finalement, le groupe se reforme en 1999, essentiellement dans une perspective de concert.

Aujourd'hui en France, seuls une poignée initiés connaissent le groupe; mais ces apôtres là vénèrent l'orphelin Black Monk Time, devenu une vénéneuse relique. Les Monks se sont fait prêtres d'un garage pré-apocalyptique qui gagne à être reconnu; alors, la prochaine fois que vous passez chez votre disquaire, achetez cet ouvrage certes obscur, mais qui n'en est pas moins objet de culte. Dieu vous le rendra.




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Commentaires

5 avril 2009 à 2:18
Ce groupe est tout bonnement génial...
5 avril 2009 à 2:17
Ce groupe est tout bonnement génial...

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