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1 mars 2009 à 15:48
par Luc
Nous sommes en 1971 et le Zeppelin livre son quatrième album, son œuvre la plus populaire, la plus aboutie aussi selon les fans. Les arrangements pompeux et pompiers de Page et Plant prennent ainsi directement la tête des charts partout dans le monde, excepté sur leur propre sol l’Angleterre, ou ils n’obtiennent qu’une médiocre troisième place. Devant eux, deux albums mésestimés de nos jours : The Slider de T-Rex et surtout Every Picture Tells a Story de Rod Stewart.
Oui, oui, vous avez bien lu, Rod Stewart, mais descendez de vos grands chevaux, on ne parle pas encore du blond peroxydé hollywoodien, s’interrogeant sur sa sexytude sur un beat disco, faisant des apparitions hésitantes et inhabitées sur le plateau de la Star Ac’ tout en continuant à s’envoyer comme si de rien n’était autant de poudre que de bimbos siliconées
Non, en 1971, bien avant son définitif Atlantic Crossing, l’Ecossais est un des plus grandes voix de tout le Royaume Uni, celui qu’on surnomme « Rod the Mod » a écumé de nombreux groupes mods respectés et respectables, chanté magnifiquement dans toutes les salles de Londres et même déjà signé plusieurs albums avec les Faces ou en solo. Jeff Beck, le pistolero de la six-cordes, ne s’y est pas trompé et l’a débauché pour son groupe, le Jeff Beck Group. Stewart participera à deux albums, Truth et Beck-O-La où il sera crédité de « Singer Extraordinaire ».
En plus de cet indéniable talent, il est servi par un répertoire impeccable, où se mélangent ses propres morceaux mais aussi des reprises de Dylan, de McCartney, des Stones ou de morceaux soul C’est un interprète insensé (c’est sans doute lui qui chante le mieux Dylan) mais on sent ce truc évident que beaucoup ont perdu depuis : l’amour de la musique, la sienne comme celle des autres Pas étonnant dès lors de retrouver sur ce disque des morceaux de Dylan, de Tim Hardin, des Temptations ou d’Elvis le King, la référence, l’obsession.
Alors pour cet album, quoi de plus logique que de recruter sa bande de potes, son groupe, les Faces, avec notamment Ron Wood aux guitares et Ronnie Lane à la basse Une bande d’anglais délicieusement débraillés, irrévérencieux, piliers de pub et grands amateurs de foot, rock’n’roll par essence. L’antithèse parfaite des paillettes et platform-boots du glam. Bref, ils avancent avec un seul objectif, faire du rock, direct, sans prises de tête, se prendre pour les Stones, Rod pour Mick, Ron pour Keith, et ce à la période où les cailloux se font happer par leur succès
Et le résultat est absolument génial, époustouflant, impeccable, bien meilleur que n’importe quel album des Stones : un rock’n’roll mâtiné de folk, emmené par l’irrésistible hit « Maggie May » , où les guitares folk, slides et électriques se télescopent et répondent à l’organe merveilleux de Stewart à travers huit morceaux tour à tour tendres et acérés. Une énergie énorme se dégage de cet album, un truc insaisissable, un plaisir de jouer évident, une alchimie particulière et pourtant bien présente qu’on remarque par un flottement rythmique toujours contrôlé, toujours sur la brèche mais parfaitement maitrisé, donnant à l’ensemble un côté presque bancal mais ô combien excitant.
Alors de nos jours, Ron Wood et Rod Stewart n’ont plus cette aura, ne produisent plus rien que du dispensable depuis des lustres, et pourtant, il est facile de retrouver leurs influences dans les groupes contemporains, Supergrass et Black Crowes en tête, et de se dire qu’au fond, après réecoute, Wood a bien mérité le CDI le plus rentable du rock’n roll chez les Stones et que Stewart reste une des plus grandes voix de l’histoire du rock
Rod Stewart - Every Picture Tells A Story
Oui, oui, vous avez bien lu, Rod Stewart, mais descendez de vos grands chevaux, on ne parle pas encore du blond peroxydé hollywoodien, s’interrogeant sur sa sexytude sur un beat disco, faisant des apparitions hésitantes et inhabitées sur le plateau de la Star Ac’ tout en continuant à s’envoyer comme si de rien n’était autant de poudre que de bimbos siliconées
Non, en 1971, bien avant son définitif Atlantic Crossing, l’Ecossais est un des plus grandes voix de tout le Royaume Uni, celui qu’on surnomme « Rod the Mod » a écumé de nombreux groupes mods respectés et respectables, chanté magnifiquement dans toutes les salles de Londres et même déjà signé plusieurs albums avec les Faces ou en solo. Jeff Beck, le pistolero de la six-cordes, ne s’y est pas trompé et l’a débauché pour son groupe, le Jeff Beck Group. Stewart participera à deux albums, Truth et Beck-O-La où il sera crédité de « Singer Extraordinaire ».
En plus de cet indéniable talent, il est servi par un répertoire impeccable, où se mélangent ses propres morceaux mais aussi des reprises de Dylan, de McCartney, des Stones ou de morceaux soul C’est un interprète insensé (c’est sans doute lui qui chante le mieux Dylan) mais on sent ce truc évident que beaucoup ont perdu depuis : l’amour de la musique, la sienne comme celle des autres Pas étonnant dès lors de retrouver sur ce disque des morceaux de Dylan, de Tim Hardin, des Temptations ou d’Elvis le King, la référence, l’obsession.
Alors pour cet album, quoi de plus logique que de recruter sa bande de potes, son groupe, les Faces, avec notamment Ron Wood aux guitares et Ronnie Lane à la basse Une bande d’anglais délicieusement débraillés, irrévérencieux, piliers de pub et grands amateurs de foot, rock’n’roll par essence. L’antithèse parfaite des paillettes et platform-boots du glam. Bref, ils avancent avec un seul objectif, faire du rock, direct, sans prises de tête, se prendre pour les Stones, Rod pour Mick, Ron pour Keith, et ce à la période où les cailloux se font happer par leur succès
Et le résultat est absolument génial, époustouflant, impeccable, bien meilleur que n’importe quel album des Stones : un rock’n’roll mâtiné de folk, emmené par l’irrésistible hit « Maggie May » , où les guitares folk, slides et électriques se télescopent et répondent à l’organe merveilleux de Stewart à travers huit morceaux tour à tour tendres et acérés. Une énergie énorme se dégage de cet album, un truc insaisissable, un plaisir de jouer évident, une alchimie particulière et pourtant bien présente qu’on remarque par un flottement rythmique toujours contrôlé, toujours sur la brèche mais parfaitement maitrisé, donnant à l’ensemble un côté presque bancal mais ô combien excitant.
Alors de nos jours, Ron Wood et Rod Stewart n’ont plus cette aura, ne produisent plus rien que du dispensable depuis des lustres, et pourtant, il est facile de retrouver leurs influences dans les groupes contemporains, Supergrass et Black Crowes en tête, et de se dire qu’au fond, après réecoute, Wood a bien mérité le CDI le plus rentable du rock’n roll chez les Stones et que Stewart reste une des plus grandes voix de l’histoire du rock
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