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1 mars 2009 à 15:46
par Luc
Lou Reed est un des personnages les plus importants de l’histoire de la musique du 20eme siècle. Un avant-gardiste, un poète urbain, auteur de nombreux disques référence, adulé par certains, haï par d’autres : un artiste culte tout simplement. Attachons nous à un de ses disques les plus singuliers
Déjà empli de désillusions sur le premier album du Velvet avant même l’effervescence baba de l’été de l’amour, fer de lance du mouvement glam avec l’album Transformer, précurseur du heavy sur l’album Rock’n’ Roll Animal, le Lou est un touche à tout génial, toujours là où on ne l’attend pas, contrepied parfait de la bienséance bobo, mais désespérément incompris.
De nombreux groupes se revendiquent de son influence mais toujours a posteriori. En 1973, son chef d’œuvre calciné, Berlin, à la folie consumée, à l’ardente intensité et à l’orchestration dramatique fait un bide monumental. Directement dans les bacs à soldes Même s’il en faut beaucoup plus pour démolir l’Homme qui a résisté au Pavé New Yorkais, aux électrochocs pour lutter contre sa bisexualité, à la Factory et à toutes les substances possibles et imaginables, la colère gronde. Lou ne supporte plus ni son public qui voit encore en lui le cabot au collier brillant de sa période glam, ni sa maison de disque par qui il estime avoir été financièrement lésé. Le troubadour urbain va se servir de cette colère pour montrer que musique, peinture, écrit, toutes les formes d’art, peuvent se conjuguer en une seule entité, puissante et imposante, expérimentale et magnifique, incertaine et métaphysique.
Alors, le voilà le résultat de toute cette colère. Droit sur la pochette, la pose statique et raide, drapé de cuir, clouté, portant des Aviator reflet mercure : une machine humaine, un humain métallique, un gladiateur moderne défiant l’auditeur Metal Machine Music : double vinyl, constitué de 4 pièces, une par face. Le Lou s’orienterait-il vers le classique où le prog ?
Et puis vient l’instant excitant de poser le disque pour la première fois sur la platine, de sentir le grésillement du saphir sur le vinyle. Rien. Ou plutôt si. Du bruit. Métallique. Du bruit blanc. Du feedback, du larsen, des « poum », des «tchaks », des « grrrrrrrrrrrrrrrrrrriiiiiiiiikkkkk », des « wiiiiiiizzzzzzzztt », imbrigués dans un nuage de reverb’ inondant le tout. Un Maelstrom qui s’étire à travers quatre pièces de 16 minutes exactement chacune. Une Symétrie calculée, froidement calculée, de manière robotique, impartiale. Sauf avec cette dernière partie qui semble s’étendre à l’infini, répétant inlassablement ce mouvement Brownien sonique. Astuce simple, implacable, mathématique : un dernier sillon gravé en boucle. Course infinie et indécise de la machine contre le temps, lui résistant, le défiant, indestructible.
Alors que penser de cet enregistrement : Déception ? Scandale ? Arrogance ? Paresse ? Génie ? Incompréhension ? Excitation ? Expérimentation ? Les choses sont pourtant claires, d’évidence frappante, Metal Machine Music : la musique de machines métalliques. Le Lou avait annoncé dès le départ son concept et il a réussi son coup, il a tout concentré, résumé et transcendé au travers une seule entité : le bruit. Brut, cru, nu.
Il le dit lui-même : « Je ne connais personne qui ait écouté ce disque en entier. Même pas moi. Il n’est pas fait pour ça. ». Il vient juste d’accoucher du premier homicide sonique, de la première torture auditive totale, de la plus grande arnaque de l’histoire et tout simplement de l’attitude nihiliste et bruitiste du punk. Qu’il conclut dans les notes de pochettes avec un sublime : « Ma semaine surclasse votre année », majeur ostentatoirement dressé à destination de son auditoire. Vengeance. Dans ta face !
LOU REED - METAL MACHINE MUSIC
Déjà empli de désillusions sur le premier album du Velvet avant même l’effervescence baba de l’été de l’amour, fer de lance du mouvement glam avec l’album Transformer, précurseur du heavy sur l’album Rock’n’ Roll Animal, le Lou est un touche à tout génial, toujours là où on ne l’attend pas, contrepied parfait de la bienséance bobo, mais désespérément incompris.
De nombreux groupes se revendiquent de son influence mais toujours a posteriori. En 1973, son chef d’œuvre calciné, Berlin, à la folie consumée, à l’ardente intensité et à l’orchestration dramatique fait un bide monumental. Directement dans les bacs à soldes Même s’il en faut beaucoup plus pour démolir l’Homme qui a résisté au Pavé New Yorkais, aux électrochocs pour lutter contre sa bisexualité, à la Factory et à toutes les substances possibles et imaginables, la colère gronde. Lou ne supporte plus ni son public qui voit encore en lui le cabot au collier brillant de sa période glam, ni sa maison de disque par qui il estime avoir été financièrement lésé. Le troubadour urbain va se servir de cette colère pour montrer que musique, peinture, écrit, toutes les formes d’art, peuvent se conjuguer en une seule entité, puissante et imposante, expérimentale et magnifique, incertaine et métaphysique.
Alors, le voilà le résultat de toute cette colère. Droit sur la pochette, la pose statique et raide, drapé de cuir, clouté, portant des Aviator reflet mercure : une machine humaine, un humain métallique, un gladiateur moderne défiant l’auditeur Metal Machine Music : double vinyl, constitué de 4 pièces, une par face. Le Lou s’orienterait-il vers le classique où le prog ?
Et puis vient l’instant excitant de poser le disque pour la première fois sur la platine, de sentir le grésillement du saphir sur le vinyle. Rien. Ou plutôt si. Du bruit. Métallique. Du bruit blanc. Du feedback, du larsen, des « poum », des «tchaks », des « grrrrrrrrrrrrrrrrrrriiiiiiiiikkkkk », des « wiiiiiiizzzzzzzztt », imbrigués dans un nuage de reverb’ inondant le tout. Un Maelstrom qui s’étire à travers quatre pièces de 16 minutes exactement chacune. Une Symétrie calculée, froidement calculée, de manière robotique, impartiale. Sauf avec cette dernière partie qui semble s’étendre à l’infini, répétant inlassablement ce mouvement Brownien sonique. Astuce simple, implacable, mathématique : un dernier sillon gravé en boucle. Course infinie et indécise de la machine contre le temps, lui résistant, le défiant, indestructible.
Alors que penser de cet enregistrement : Déception ? Scandale ? Arrogance ? Paresse ? Génie ? Incompréhension ? Excitation ? Expérimentation ? Les choses sont pourtant claires, d’évidence frappante, Metal Machine Music : la musique de machines métalliques. Le Lou avait annoncé dès le départ son concept et il a réussi son coup, il a tout concentré, résumé et transcendé au travers une seule entité : le bruit. Brut, cru, nu.
Il le dit lui-même : « Je ne connais personne qui ait écouté ce disque en entier. Même pas moi. Il n’est pas fait pour ça. ». Il vient juste d’accoucher du premier homicide sonique, de la première torture auditive totale, de la plus grande arnaque de l’histoire et tout simplement de l’attitude nihiliste et bruitiste du punk. Qu’il conclut dans les notes de pochettes avec un sublime : « Ma semaine surclasse votre année », majeur ostentatoirement dressé à destination de son auditoire. Vengeance. Dans ta face !
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