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1 mars 2009 à 15:31
par Luc
Bon alors c'est pas vraiment une chronique au sens classique du terme, disons simplement une petite disgression sur l'album Back to Black d' Amy Winehouse :
Elle est grande, un peu ronde, elle a de longs cheveux bruns bouclés, elle est tatouée même C’est mon genre de femme, aucun doute Plus je l’observe et plus je remarque qu’il se dégage d’elle comme un sentiment de nihilisme exacerbé qu’on ne retrouve que chez les personnes qui en ont trop bavé, une sorte de mépris généralisé et d’amusement permanent, comme si plus rien ne pouvait encore l’atteindre, comme si vivre se résumait à être un funambule, forcé d’avancer sur une corde trop fine... Indéniablement, elle m’interpelle, je me questionne sur son histoire, cherche à percer ses secrets Elle me regarde longuement derrière un voile de fumée qu’elle fait apparaître et disparaître au gré de sa respiration Il émane d’elle une aura animale, un charme félin, et même si elle n’est pas vraiment belle, elle me captive, me magnétise, me possède
Alors, la musique s’élève et elle ouvre la bouche Sa voix rugit, pleine de whisky et de cigarettes Je l’écoute me déclamer ses histoires d’amour pathétiques, le fait qu’on veuille l’interner à cause de sa consommation excessive d’alcool Cette rythmique soul ternaire dessine le cadre de sa vie et le vide sentimental qui l’emplit Sa crinière ondule en même temps que les saxophones égrènent leurs notesElle m’explique le pourquoi de sa descente aux enfers alcooliques Une banale histoire d’amour, fusionnelle, électrique, pulsionnelle comme beaucoup en rêverait Ce fameux Mister Jones, qui un jour lui assena le coup fatal, le fameux « juste amis » tant redouté, et là, la dépression, sournoise, perfide, maligne s’installe Elle se livre sans faux-semblants, avec des mots crus, me dévoile l’intégralité de son âme, m’expose ses sentiments comme personne n’a su le faire auparavant Elle est juste là, fragile et vulnérable, m’expliquant sa vision d’une relation amoureuse Une vision qui lui va si bien, à la fois pessimiste et nonchalante Elle a beau me dire que l’amour n’est qu’un jeu pour les perdants, qu’ elle est décidée à tourner la page, qu’elle a déjà trop pleuré, je sens et je sais qu’elle a déjà quelques regrets, qu’elle voudrait quelqu’un pour essuyer ses larmes, quelqu’un aux côtés de qui se réveiller le matin Les yeux embués, elle me fait face et me sourit tout de même
Puis son regard divague, se porte sur un point à l’horizon, un point tout d’abord insignifiant, puis grossissant sans cesse, jusqu’à arriver à notre niveau Un couple, qui déambule dans les feuilles mortes de ce mois d’octobre, des gens visiblement heureux Alors, emportée par cette vision, elle se lève d’un bond, me dit adieu et dans un sourire immense sort pour les suivre
Voilà, j’ai passé une demi-heure avec Amy Winehouse, une demi-heure intense, jonglant avec un jubilatoire goût d’interdits et de pulsions entre tous les sentiments au travers desquels on peut passer Une demi-heure de confidence, de compréhension et d’abandon de soi-même pour l’écoute d’une autre Je reprends péniblement mes esprits, soufflé par la justesse de ses propos et par la catharsis qu’elle vient de me faire réaliser Alors, touché mais finalement heureux, je remets le CD, Back to Black, à tourner et je me retrouve encore à l’écouter me parler
Elle est grande, un peu ronde, elle a de longs cheveux bruns bouclés, elle est tatouée même C’est mon genre de femme, aucun doute Plus je l’observe et plus je remarque qu’il se dégage d’elle comme un sentiment de nihilisme exacerbé qu’on ne retrouve que chez les personnes qui en ont trop bavé, une sorte de mépris généralisé et d’amusement permanent, comme si plus rien ne pouvait encore l’atteindre, comme si vivre se résumait à être un funambule, forcé d’avancer sur une corde trop fine... Indéniablement, elle m’interpelle, je me questionne sur son histoire, cherche à percer ses secrets Elle me regarde longuement derrière un voile de fumée qu’elle fait apparaître et disparaître au gré de sa respiration Il émane d’elle une aura animale, un charme félin, et même si elle n’est pas vraiment belle, elle me captive, me magnétise, me possède
Alors, la musique s’élève et elle ouvre la bouche Sa voix rugit, pleine de whisky et de cigarettes Je l’écoute me déclamer ses histoires d’amour pathétiques, le fait qu’on veuille l’interner à cause de sa consommation excessive d’alcool Cette rythmique soul ternaire dessine le cadre de sa vie et le vide sentimental qui l’emplit Sa crinière ondule en même temps que les saxophones égrènent leurs notesElle m’explique le pourquoi de sa descente aux enfers alcooliques Une banale histoire d’amour, fusionnelle, électrique, pulsionnelle comme beaucoup en rêverait Ce fameux Mister Jones, qui un jour lui assena le coup fatal, le fameux « juste amis » tant redouté, et là, la dépression, sournoise, perfide, maligne s’installe Elle se livre sans faux-semblants, avec des mots crus, me dévoile l’intégralité de son âme, m’expose ses sentiments comme personne n’a su le faire auparavant Elle est juste là, fragile et vulnérable, m’expliquant sa vision d’une relation amoureuse Une vision qui lui va si bien, à la fois pessimiste et nonchalante Elle a beau me dire que l’amour n’est qu’un jeu pour les perdants, qu’ elle est décidée à tourner la page, qu’elle a déjà trop pleuré, je sens et je sais qu’elle a déjà quelques regrets, qu’elle voudrait quelqu’un pour essuyer ses larmes, quelqu’un aux côtés de qui se réveiller le matin Les yeux embués, elle me fait face et me sourit tout de même
Puis son regard divague, se porte sur un point à l’horizon, un point tout d’abord insignifiant, puis grossissant sans cesse, jusqu’à arriver à notre niveau Un couple, qui déambule dans les feuilles mortes de ce mois d’octobre, des gens visiblement heureux Alors, emportée par cette vision, elle se lève d’un bond, me dit adieu et dans un sourire immense sort pour les suivre
Voilà, j’ai passé une demi-heure avec Amy Winehouse, une demi-heure intense, jonglant avec un jubilatoire goût d’interdits et de pulsions entre tous les sentiments au travers desquels on peut passer Une demi-heure de confidence, de compréhension et d’abandon de soi-même pour l’écoute d’une autre Je reprends péniblement mes esprits, soufflé par la justesse de ses propos et par la catharsis qu’elle vient de me faire réaliser Alors, touché mais finalement heureux, je remets le CD, Back to Black, à tourner et je me retrouve encore à l’écouter me parler
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