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1 mars 2009 à 15:51
par Luc
Alain Bashung Lundi 13 octobre 2008 Nancy Jazz Pulsation Chapiteau de la Pépinière.
On n’est pas encore revenu du pays des mystères
Les bouchons nancéiens m’ont enfin autorisé à arriver au cœur de la ville. Il est 20h32, les premiers accords du concert résonnent déjà au travers du parc. Je me glisse hâtivement sous le grand chapiteau : Fred est déjà sur scène. Celui qui ouvre pour le grand Alain présente son folk électrifié à un auditoire encore clairsemé. Accompagné d’un batteur et d’un looper, il arrive à créer des atmosphères à la fois anxieuses et impatientes où se mélangent Buckley, Neil Young et Ben Harper. Mais au bout d’un certain moment, le chant en français couplé au ton contemplatif rend l’ensemble globalement indigeste, j’y entrevois Saez où Christophe Maé Puis arrivent deux covers, juste avant de nous laisser : « J’appuie sur la gâchette » de NTM et « A l’ envers à l’endroit » de Noir Désir : l’interprétation y est juste, retenue, consciente de l’importance des paroles, transition idéale vers la tête d’affiche
C’est un grand jardin de nulle part
On le dit malade, fatigué, à la frontière de la mort et c’est effectivement une silhouette fluette et fragile qui entre en scène rejoindre les quatre musiciens déjà en place. L’auditoire retient son souffle durant les quelques fractions de secondes qui séparent les coulisses du micro principal. Rien, pas un bruit un silence de mort. Et puis l’explosion, l’acclamation : il est devant nous, costume sombre, chapeau, lunettes noires ; il est là, sobre, délicat, saluant et remerciant. Quelques mots, une invitation au voyage et il entame le minimaliste « Comme un lego » la chanson offerte par Manset. Pas de doute, le public, composé majoritairement de quinquagénaires n’est pas venu pour voir l’auteur des quelques tubes des années 80 mais bien pour entendre le poète, le magicien des mots, le fils illégitime de Gainsbourg. Suivront « je t’ai manqué » et « Hier à Sousse » de Bleu pétrole son dernier album. Le reste du set sera axé autour des albums « Osez Joséphine » et « Fantaisie militaire » sans doute aucun ses meilleurs albums.
J’ai fait l’amour, j’ai fait le mort
Les chansons défilent, bercées de cascades de lumière, uniques, intimistes, bouleversantes, accompagnées parfois d’un harmonica excentrique Et puis les premiers accords de « La nuit je mens » sont balancés sur cette douze-cordes, cette chanson qui m’a tant marqué, cette chanson qui me rappelle tant, celle que nul autre que lui ne saura jamais s’approprier pleinement Un long frisson parcourt tout mon corps, mes poils se hérissent, j’avale littéralement les paroles, me délecte de chaque mouvement du poignet, de chaque frémissement de doigt, de chaque ondulation gracile Et puis l’évidence me surprend, imparable. Je réalise enfin ce qui m’a toujours échappé, la clé d’interprétation qu’il me manquait Toutes les chansons de Bashung ne traitent, au fond, que d’un seul thème : l’amour tortueux, malheureux, déchirant, impossible L’homme qui se tient devant moi n’est qu’un amoureux insatiable et fragile.
Le souffle coupé, la gorge irritée
Le concert se poursuit, ponctué par quelques reprises, Everybody’s Talkin’ d’Harry Nillson, la BO de Macadam Cowboy, ce film qui l’a tant marqué à la fin des années 60 ou encore un hommage à celui qui lui a donné envie de prendre une guitare : Blowin’ in the wind de Dylan. Et puis l’heure de se quitter, et des premiers rappels En groupe tout d’abord, pour la conclusion de cette symphonie amoureuse : « Madame rêve » puis l’explosion de «vertiges de l’amour», vestiges des débuts irréverencieux, sortie sous les acclamations Et puis Alain revient, seul avec sa guitare, pour un second rappel. « Angora », déchirant et aux paroles pleines de sens, résonne religieusement dans le chapiteau. La dernière note semble résonner des heures quand soudain un tonnerre d’applaudissements monte et emplit tout l’espace sonore. Alain Bashung est ému, au moins tout autant que nous, et pour la première fois, sa voix tremble lorsqu’il nous remercie. Alors, comme pour prolonger cette soirée, il ré-empoigne sa guitare, nous déclare qu’il ne saurait trouver mieux pour nous souhaiter une bonne nuit et entonne « Nights In White Satin », cette reprise des Moody Blues qui clôt l’album Osez Joséphine. L’émotion est palpable, il se trompe dans les accords, qu’importe, tant la spontanéité et la sincerité du geste sont évidents. Puis après un dernier «Cause I love you», il nous remercie encore et s’éclipse, définitivement.
La lumière se rallume, nous sortant du rêve, encore hagards et charmés, la salle se vide en silence et les gens s’en vont déambuler dans la nuit noire. Je repars, marchant lentement, rallongeant au possible mon trajet, profitant de mes cigarettes, ressassant tout ce qui vient de se passer, touché, conquis, heureux tout simplement
On n’est pas encore revenu du pays des mystères
Les bouchons nancéiens m’ont enfin autorisé à arriver au cœur de la ville. Il est 20h32, les premiers accords du concert résonnent déjà au travers du parc. Je me glisse hâtivement sous le grand chapiteau : Fred est déjà sur scène. Celui qui ouvre pour le grand Alain présente son folk électrifié à un auditoire encore clairsemé. Accompagné d’un batteur et d’un looper, il arrive à créer des atmosphères à la fois anxieuses et impatientes où se mélangent Buckley, Neil Young et Ben Harper. Mais au bout d’un certain moment, le chant en français couplé au ton contemplatif rend l’ensemble globalement indigeste, j’y entrevois Saez où Christophe Maé Puis arrivent deux covers, juste avant de nous laisser : « J’appuie sur la gâchette » de NTM et « A l’ envers à l’endroit » de Noir Désir : l’interprétation y est juste, retenue, consciente de l’importance des paroles, transition idéale vers la tête d’affiche
C’est un grand jardin de nulle part
On le dit malade, fatigué, à la frontière de la mort et c’est effectivement une silhouette fluette et fragile qui entre en scène rejoindre les quatre musiciens déjà en place. L’auditoire retient son souffle durant les quelques fractions de secondes qui séparent les coulisses du micro principal. Rien, pas un bruit un silence de mort. Et puis l’explosion, l’acclamation : il est devant nous, costume sombre, chapeau, lunettes noires ; il est là, sobre, délicat, saluant et remerciant. Quelques mots, une invitation au voyage et il entame le minimaliste « Comme un lego » la chanson offerte par Manset. Pas de doute, le public, composé majoritairement de quinquagénaires n’est pas venu pour voir l’auteur des quelques tubes des années 80 mais bien pour entendre le poète, le magicien des mots, le fils illégitime de Gainsbourg. Suivront « je t’ai manqué » et « Hier à Sousse » de Bleu pétrole son dernier album. Le reste du set sera axé autour des albums « Osez Joséphine » et « Fantaisie militaire » sans doute aucun ses meilleurs albums.
J’ai fait l’amour, j’ai fait le mort
Les chansons défilent, bercées de cascades de lumière, uniques, intimistes, bouleversantes, accompagnées parfois d’un harmonica excentrique Et puis les premiers accords de « La nuit je mens » sont balancés sur cette douze-cordes, cette chanson qui m’a tant marqué, cette chanson qui me rappelle tant, celle que nul autre que lui ne saura jamais s’approprier pleinement Un long frisson parcourt tout mon corps, mes poils se hérissent, j’avale littéralement les paroles, me délecte de chaque mouvement du poignet, de chaque frémissement de doigt, de chaque ondulation gracile Et puis l’évidence me surprend, imparable. Je réalise enfin ce qui m’a toujours échappé, la clé d’interprétation qu’il me manquait Toutes les chansons de Bashung ne traitent, au fond, que d’un seul thème : l’amour tortueux, malheureux, déchirant, impossible L’homme qui se tient devant moi n’est qu’un amoureux insatiable et fragile.
Le souffle coupé, la gorge irritée
Le concert se poursuit, ponctué par quelques reprises, Everybody’s Talkin’ d’Harry Nillson, la BO de Macadam Cowboy, ce film qui l’a tant marqué à la fin des années 60 ou encore un hommage à celui qui lui a donné envie de prendre une guitare : Blowin’ in the wind de Dylan. Et puis l’heure de se quitter, et des premiers rappels En groupe tout d’abord, pour la conclusion de cette symphonie amoureuse : « Madame rêve » puis l’explosion de «vertiges de l’amour», vestiges des débuts irréverencieux, sortie sous les acclamations Et puis Alain revient, seul avec sa guitare, pour un second rappel. « Angora », déchirant et aux paroles pleines de sens, résonne religieusement dans le chapiteau. La dernière note semble résonner des heures quand soudain un tonnerre d’applaudissements monte et emplit tout l’espace sonore. Alain Bashung est ému, au moins tout autant que nous, et pour la première fois, sa voix tremble lorsqu’il nous remercie. Alors, comme pour prolonger cette soirée, il ré-empoigne sa guitare, nous déclare qu’il ne saurait trouver mieux pour nous souhaiter une bonne nuit et entonne « Nights In White Satin », cette reprise des Moody Blues qui clôt l’album Osez Joséphine. L’émotion est palpable, il se trompe dans les accords, qu’importe, tant la spontanéité et la sincerité du geste sont évidents. Puis après un dernier «Cause I love you», il nous remercie encore et s’éclipse, définitivement.
La lumière se rallume, nous sortant du rêve, encore hagards et charmés, la salle se vide en silence et les gens s’en vont déambuler dans la nuit noire. Je repars, marchant lentement, rallongeant au possible mon trajet, profitant de mes cigarettes, ressassant tout ce qui vient de se passer, touché, conquis, heureux tout simplement
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