Contribuer
Vous devez être inscrit pour contribuer.Login ou Créer un compte
28 juillet 2009 à 12:02
par Vincent
Le Motor City Five, souvent abrégé en MC5, est un groupe américain formé en 1964 à Detroit (d’où leur nom). Ils possèdent un son bien à eux, imprégné de blues et de rock’n’roll. Le rythme et la lourdeur de leur musique (pour l’époque), ainsi que leur idéologie d’extrême gauche font d’eux les précurseurs du mouvement punk.
Formation
Ce sont les deux guitaristes Fred Smith et Wayne Kramer, qui sont à l’origine du MC5. Au lycée, tous deux leaders de leur groupe respectif, ils jouent sur Detroit et sa banlieue. Quand les membres des différents groupes commencent à quitter le navire pour rejoindre l’université ou se chercher un travail stable, les deux formations se réunirent sous le nom de Headhunters.
En 1964, le groupe évoluant et prenant de l’importance, Kramer décide d’engager un manager et se tourne vers Rob Deminer, une personnalité des mouvements politiques d’extrême gauche de la région. Son charisme et sa voix incite le groupe à lui offrir la place de frontman, ce qu’il accepte, se renommant Rob Tyner et trouvant le nom de MC5. En 1965, le batteur et le bassiste quittent le groupe, n’étant pas en accord avec les idéaux politiques que Tyner distille dans ses textes (et utilise pour la promotion du groupe) avec l’approbation des deux guitaristes. Michael Davis et Dennis Thompson sont alors engagés, respectivement au poste de bassiste et de batteur.
Succès et controverses
Le répertoire du groupe se compose de reprises puisées dans différents genres musicaux qu’affectionnent les membres du groupe, ainsi que de chansons originales qui font bientôt l’objet de singles : "One Of The Guys"/"I Can Only Give You Everything" (1967) et "Borderline"/"Looking At You" (1968). Leur son est déjà là et ces premiers enregistrements sont un succès, si bien que le groupe se voit offrir l’opportunité de tourner sur la côte Est en compagnie de grands groupes de l’époque, notamment Cream, qui selon la légende, du s’avouer vaincu devant le public déchaîné suite à la prestation du MC5.
Sous l’influence d’un ancien DJ devenu chantre de la gauche radicale, John Sinclair, le groupe embrasse la politique révolutionnaire. Leurs prestations deviennent des points de rassemblement pour la jeunesse révoltée. Un contrat avec la maison de disque Elektra leur permet d’enregistrer leur premier effort, qui est un album live, un événement extrêmement rare à l’époque (quoique de nos jours encore, un premier album enregistré en live soit très rare). « Kick Out The Jams » est enregistré les 30 et 31 octobre 1968. Le cri de ralliement hurlé par Tyner pendant le set (« Kick out the jams, motherfuckers ! ») cause des problèmes à la mise en vente du disque, qui du être ressorti dans une édition censurée par Elektra afin de poursuivre sa carrière.
Après plusieurs problèmes de la même trempe, le MC5 est lâché par Elektra et pour ne rien arranger, Sinclair, qui était devenu leur manager/guru, se retrouve derrière les barreaux pour trafic de drogue Finalement le groupe trouvera une nouvelle maison de disque, Atlantic, et fera appel à un journaliste de la presse musicale, Jon Landau (qui sera plus tard le manager de Bruce Springsteen), pour produire son second opus. « Back in the USA » (1970) ne fera pas date dans l’histoire de la musique comme son prédécesseur. La production de Landau est très critiquée et modifie le son du groupe, qui n’a plus le contrôle sur sa propre musique. Les ventes sont très mauvaises et la tournée qui suit n’a rien à voir avec les concerts endiablés des premières années (ce qui est du à la lourdeur de cette tournée, mais aussi à la consommation excessive de drogues au sein du groupe). Le MC5 sera aussi critiqué par ses fans les plus politisés pour avoir laissé tomber Sinclair en étant absent d’un rassemblement pour sa libération
Troisième album et dissolution
En juillet 1971, le troisième album du groupe, « High Time » sort et reçoit d’excellentes critiques. Exerçant un plus grand contrôle sur sa musique en participant à la production et incluant plus de ses influences, le groupe retrouve son inspiration. Les nouvelles chansons sont teintées de jazz (plusieurs musiciens de la région issus de ce style viennent d’ailleurs leur prêter main forte) et de blues. Malgré ce renouveau acclamé par la critique, le public ne suit pas et les ventes sont plus que jamais au plus bas. Atlantic Records, ayant déjà perdu de l’argent avec le disque précédent, laisse tomber le groupe.
Début 1972, le bassiste, Michael Davis, quitte le groupe à cause de sa consommation d’héroïne. Il est remplacé par Steeve Moorhouse avec lequel le MC5 enregistre plusieurs titres en Angleterre avant que Tyner ne quitte à son tour le groupe. Kramer et Smith essayèrent de continuer en tournant avec des groupes de Detroit, jouant des reprises de R&B et leurs propres compositions. Mais rien n’y fait et le MC5 se réunit le 31 décembre 1971 pour un concert d’adieu au Grande Ballroom de Detroit. Là ou quelques années auparavant ils avaient enregistré « Kick Out The Jams » devant des milliers de fans déchaînés, ils n’eurent droit qu’à une salle pratiquement vide. Wayne Kramer quitta même la scène après seulement quelques titres. Ce désastre signa la fin du groupe qui se sépara quelques jours plus tard.
L’après MC5
Rob Tyner devint un producteur/manager et eu du succès avec le National Rock Group, puis en solo avec son album « Blood Brothers ». Succès dont il ne profita pas longtemps puisqu’il mourut en 1991 d’une crise cardiaque.
Fred Smith forma un groupe peu après la fin du MC5. Le Sonic’s Rendez-vous Band qui ne produisit pas d’album avant la mort du guitariste en 1994. Il avait épousé la chanteuse Patti Smith en 1980, on le retrouve d’ailleurs sur l’album « Dream of Life »(1988) de cette dernière.
Wayne Kramer devint un guitariste de studio avant d’être incarcéré en 1975 pour possession de drogue (il retrouva d’ailleurs Michael Davis derrière les barreaux). A sa sortie, il vécu plusieurs années de petits boulots, tout en tentant de se désintoxiquer. Il ne revint dans le monde de la musique qu’au début des années 90 avec un premier album solo, « Death Tongue »(1991) qui donna suite à plusieurs autre jusqu’au dernier paru en 2004.
En 2003, les membres survivants du MC5, Kramer, Davis, et Thompson, se réunirent pour un concert à Londres avec Nicke Anderson (The Hellacopters) en lieu et place de Fred Smith et plusieurs invités au chant (Lemmy, Ian Astbury,). Un DVD, "Sonic Revolution", témoignera de l'événement. En 2004, une tournée mondiale eu lieu sous le nom de DKT/MC5 avec de nouveaux invités. Depuis février 2005, Richard Manitoba (The Dictators), a pris la place de chanteur lors des apparitions du groupe.
Formation
Ce sont les deux guitaristes Fred Smith et Wayne Kramer, qui sont à l’origine du MC5. Au lycée, tous deux leaders de leur groupe respectif, ils jouent sur Detroit et sa banlieue. Quand les membres des différents groupes commencent à quitter le navire pour rejoindre l’université ou se chercher un travail stable, les deux formations se réunirent sous le nom de Headhunters.
En 1964, le groupe évoluant et prenant de l’importance, Kramer décide d’engager un manager et se tourne vers Rob Deminer, une personnalité des mouvements politiques d’extrême gauche de la région. Son charisme et sa voix incite le groupe à lui offrir la place de frontman, ce qu’il accepte, se renommant Rob Tyner et trouvant le nom de MC5. En 1965, le batteur et le bassiste quittent le groupe, n’étant pas en accord avec les idéaux politiques que Tyner distille dans ses textes (et utilise pour la promotion du groupe) avec l’approbation des deux guitaristes. Michael Davis et Dennis Thompson sont alors engagés, respectivement au poste de bassiste et de batteur.
Succès et controverses
Le répertoire du groupe se compose de reprises puisées dans différents genres musicaux qu’affectionnent les membres du groupe, ainsi que de chansons originales qui font bientôt l’objet de singles : "One Of The Guys"/"I Can Only Give You Everything" (1967) et "Borderline"/"Looking At You" (1968). Leur son est déjà là et ces premiers enregistrements sont un succès, si bien que le groupe se voit offrir l’opportunité de tourner sur la côte Est en compagnie de grands groupes de l’époque, notamment Cream, qui selon la légende, du s’avouer vaincu devant le public déchaîné suite à la prestation du MC5.
Sous l’influence d’un ancien DJ devenu chantre de la gauche radicale, John Sinclair, le groupe embrasse la politique révolutionnaire. Leurs prestations deviennent des points de rassemblement pour la jeunesse révoltée. Un contrat avec la maison de disque Elektra leur permet d’enregistrer leur premier effort, qui est un album live, un événement extrêmement rare à l’époque (quoique de nos jours encore, un premier album enregistré en live soit très rare). « Kick Out The Jams » est enregistré les 30 et 31 octobre 1968. Le cri de ralliement hurlé par Tyner pendant le set (« Kick out the jams, motherfuckers ! ») cause des problèmes à la mise en vente du disque, qui du être ressorti dans une édition censurée par Elektra afin de poursuivre sa carrière.
Après plusieurs problèmes de la même trempe, le MC5 est lâché par Elektra et pour ne rien arranger, Sinclair, qui était devenu leur manager/guru, se retrouve derrière les barreaux pour trafic de drogue Finalement le groupe trouvera une nouvelle maison de disque, Atlantic, et fera appel à un journaliste de la presse musicale, Jon Landau (qui sera plus tard le manager de Bruce Springsteen), pour produire son second opus. « Back in the USA » (1970) ne fera pas date dans l’histoire de la musique comme son prédécesseur. La production de Landau est très critiquée et modifie le son du groupe, qui n’a plus le contrôle sur sa propre musique. Les ventes sont très mauvaises et la tournée qui suit n’a rien à voir avec les concerts endiablés des premières années (ce qui est du à la lourdeur de cette tournée, mais aussi à la consommation excessive de drogues au sein du groupe). Le MC5 sera aussi critiqué par ses fans les plus politisés pour avoir laissé tomber Sinclair en étant absent d’un rassemblement pour sa libération
Troisième album et dissolution
En juillet 1971, le troisième album du groupe, « High Time » sort et reçoit d’excellentes critiques. Exerçant un plus grand contrôle sur sa musique en participant à la production et incluant plus de ses influences, le groupe retrouve son inspiration. Les nouvelles chansons sont teintées de jazz (plusieurs musiciens de la région issus de ce style viennent d’ailleurs leur prêter main forte) et de blues. Malgré ce renouveau acclamé par la critique, le public ne suit pas et les ventes sont plus que jamais au plus bas. Atlantic Records, ayant déjà perdu de l’argent avec le disque précédent, laisse tomber le groupe.
Début 1972, le bassiste, Michael Davis, quitte le groupe à cause de sa consommation d’héroïne. Il est remplacé par Steeve Moorhouse avec lequel le MC5 enregistre plusieurs titres en Angleterre avant que Tyner ne quitte à son tour le groupe. Kramer et Smith essayèrent de continuer en tournant avec des groupes de Detroit, jouant des reprises de R&B et leurs propres compositions. Mais rien n’y fait et le MC5 se réunit le 31 décembre 1971 pour un concert d’adieu au Grande Ballroom de Detroit. Là ou quelques années auparavant ils avaient enregistré « Kick Out The Jams » devant des milliers de fans déchaînés, ils n’eurent droit qu’à une salle pratiquement vide. Wayne Kramer quitta même la scène après seulement quelques titres. Ce désastre signa la fin du groupe qui se sépara quelques jours plus tard.
L’après MC5
Rob Tyner devint un producteur/manager et eu du succès avec le National Rock Group, puis en solo avec son album « Blood Brothers ». Succès dont il ne profita pas longtemps puisqu’il mourut en 1991 d’une crise cardiaque.
Fred Smith forma un groupe peu après la fin du MC5. Le Sonic’s Rendez-vous Band qui ne produisit pas d’album avant la mort du guitariste en 1994. Il avait épousé la chanteuse Patti Smith en 1980, on le retrouve d’ailleurs sur l’album « Dream of Life »(1988) de cette dernière.
Wayne Kramer devint un guitariste de studio avant d’être incarcéré en 1975 pour possession de drogue (il retrouva d’ailleurs Michael Davis derrière les barreaux). A sa sortie, il vécu plusieurs années de petits boulots, tout en tentant de se désintoxiquer. Il ne revint dans le monde de la musique qu’au début des années 90 avec un premier album solo, « Death Tongue »(1991) qui donna suite à plusieurs autre jusqu’au dernier paru en 2004.
En 2003, les membres survivants du MC5, Kramer, Davis, et Thompson, se réunirent pour un concert à Londres avec Nicke Anderson (The Hellacopters) en lieu et place de Fred Smith et plusieurs invités au chant (Lemmy, Ian Astbury,). Un DVD, "Sonic Revolution", témoignera de l'événement. En 2004, une tournée mondiale eu lieu sous le nom de DKT/MC5 avec de nouveaux invités. Depuis février 2005, Richard Manitoba (The Dictators), a pris la place de chanteur lors des apparitions du groupe.
Galerie
Liens
- Site web : http://www.mc5.org/
Note
Votre note




© Musity 2010 - Content posted by Musity users is dedicated to the public domain.
Laisser votre commentaire
Vous devez vous connecter ou vous inscrire pour pouvoir poster des commentaires Login ou Créer un compte