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5 juin 2009 à 15:54
par Vincent
Jean Baptiste Reinhardt, surnommé Django, est un guitariste de jazz né en 1910 à Liberchies en Belgique et décédé en 1953 à Samois-sur-Seine.
Django faisant partie de la communauté gitane, il passe la plupart de sa jeunesse dans des campements proches de Paris, jouant de la guitare, du banjo et du violon dès son plus jeune âge. Il en fait son gagne-pain en jouant dans les bal-musette parisiens, d’abord au violon puis au guitjo (banjo à 6 cordes avec un manche de guitare) et finalement à la guitare. Sur ses premiers enregistrements à la fin des années 20, il joue du banjo.
En 1928, Django est victime de l’incendie de sa roulotte. La catastrophe, provoquée par les fleurs en celluloid (matière plastique extrêmement inflammable) que fabrique sa compagne, lui cause de graves brulures sur la moitié du corps. Sa jambe droite est paralysée et l’annulaire et l’auriculaire de sa main gauche ne cicatrisent pas, si bien qu’ils doivent être brulés au nitrate d’argent, opération qui le laisse handicapé. Alors qu’il est toujours soigné, son frère Joseph, guitariste lui aussi, apporte une guitare à l’hôpital et Django, bien qu’ayant deux doigts paralysés, entreprend de modifier sa technique afin de renouer avec son instrument fétiche. Au prix de grands efforts, il développe son toucher avec seulement deux doigts et joue tous ses solos ainsi, n’utilisant ses doigts abimés que pour le jeu en accords.
Sa seconde carrière commence en 1934, lorsqu’il forme, avec le violoniste Stéphane Grappelli, le Quintette du Hot Club de France. Joseph Reinhardt et Roger Chaput sont aussi présents à la guitare tandis que Louis Vola s’occupe des parties de contrebasse. Chaput sera remplacé plus tard par le meilleur ami de Django, Pierre « Baro » Ferret. Le chanteur Freddy Taylor participe à certaines reprises du groupe comme « Georgia on My Mind » et « Nagasaki ». N’ayant pas de batteur, les trois guitaristes utilisent des techniques de guitare percussive. Le groupe crée un nouveau style de musique, le jazz manouche, qui conquiert le public. Ils tournent dans toute l’Europe et enregistrent avec les grands trompettiste et saxophonistes de l’époque : Coleman Hawkins, Benny Carter et Rex Stewart.
En 1939, alors que la guerre est déclarée, le quintette est en tournée en Angleterre. Stéphane Grappelli choisit de rester à Londres tandis que Django rentre en France. N’étant pas mobilisable dans l’armée à cause de ses brûlures, il passe cette période à jouer dans des clubs, généralement en « zone libre ». En 1940, il enregistre son fameux « Nuages » avec le clarinettiste Hubert Rostaing. En 1943, il épouse Sophie Ziegler, avec qui il aura un fils, Babik Reinhardt (décédé en 2001) qui deviendra lui aussi un grand guitariste.
Malgré la haine des nazis envers le peuple gitan et l’interdiction de jouer et d’enregistrer du jazz mise en place par le régime, Django survit à la guerre. Il aurait bénéficié de la protection d’un officier de la Wehrmacht fan de jazz, Dietrich Schulz-Köhn, qui était en contact avec le Hot Club avant 1939 et écrivit plusieurs ouvrages sur le genre après la guerre.
Dès la fin de la guerre, Django rejoint Grappelli et le Hot Club de France reprend ses activités. En 1946, Django est invité aux Etats-Unis par Duke Ellington en tant qu’invité spécial dans son big-band. A son arrivée à New-York, il essaye de rencontrer ses idoles : Charlie Parker, Dizzie Gillepsie, ces artistes modernes dont il a déjà assimilé le style be-bop, mais ceux-ci étant en tournée, toutes ses démarches n’aboutissent pas.Le guitariste est très enthousiaste à propos de cette tournée mais il n’arrive pas à s’habituer à la discipline nécessaire, de plus il n’est pas partie intégrante du groupe comme il le souhaiterait, mais apparait à la fin des concerts. Plus tard on lui demande de jouer sur une guitare électrique, lui qui a l’habitude de ses modèles Selmer, mais le résultat ne plait pas à ses admirateurs, bien que lui-même soit emballé. Il rentre alors en France, déçu.
Après son retour, Django, reforme ponctuellement le Hot Club pour des enregistrements. En 1948, avec Stéphane Grappelli et des musiciens italiens, il enregistre un de ses chefs d’œuvres : « Djangology ». Bien que très influencé par les musiciens de jazz américains, il retourne vers le jazz manouche de ses débuts.
En 1951, il s’établit à Samois-sur-Seine (77) et connait un renouveau musical. Il s’entoure des meilleurs musiciens de be-bop français, Pierre Michelot, Roger Guérin, Bernard Peiffer, et reste résolument moderne dans son approche du jazz. Sa dernière séance d’enregistrement, en avril 1953, le voit collaborer avec le pianiste Martial Solal, Pierre Michelot et le percussionniste belge « Fats » Sadi Lallemand.
Django Reinhardt meurt le 16 mai 1953 de congestion cérébral.
La plupart des grands guitaristes ayant foulé la scène musicale ces cinquante dernières années avouent une grande admiration pour Django. Chet Atkins, Les Paul, George Benson, mais aussi Tony Iommi (qui s’est inspiré de la technique de Django après avoir perdu deux phalanges dans un accident), Mark Knopfler ou encore Jeff Beck. Jimi Hendrix a dit avoir nommé son Band Of Gypsys d’après son admiration pour Django.
Plusieurs festivals mettant à l’honneur Django Reinhardt ont lieu chaque année, dont un à Liberchies, sa ville natale (en mai), et un à Samois-sur-Seine (en juin).
Une de ses guitares Selmer est visible dans les collections du musée de la Cité de la Musique à Paris.
Django faisant partie de la communauté gitane, il passe la plupart de sa jeunesse dans des campements proches de Paris, jouant de la guitare, du banjo et du violon dès son plus jeune âge. Il en fait son gagne-pain en jouant dans les bal-musette parisiens, d’abord au violon puis au guitjo (banjo à 6 cordes avec un manche de guitare) et finalement à la guitare. Sur ses premiers enregistrements à la fin des années 20, il joue du banjo.
En 1928, Django est victime de l’incendie de sa roulotte. La catastrophe, provoquée par les fleurs en celluloid (matière plastique extrêmement inflammable) que fabrique sa compagne, lui cause de graves brulures sur la moitié du corps. Sa jambe droite est paralysée et l’annulaire et l’auriculaire de sa main gauche ne cicatrisent pas, si bien qu’ils doivent être brulés au nitrate d’argent, opération qui le laisse handicapé. Alors qu’il est toujours soigné, son frère Joseph, guitariste lui aussi, apporte une guitare à l’hôpital et Django, bien qu’ayant deux doigts paralysés, entreprend de modifier sa technique afin de renouer avec son instrument fétiche. Au prix de grands efforts, il développe son toucher avec seulement deux doigts et joue tous ses solos ainsi, n’utilisant ses doigts abimés que pour le jeu en accords.
Sa seconde carrière commence en 1934, lorsqu’il forme, avec le violoniste Stéphane Grappelli, le Quintette du Hot Club de France. Joseph Reinhardt et Roger Chaput sont aussi présents à la guitare tandis que Louis Vola s’occupe des parties de contrebasse. Chaput sera remplacé plus tard par le meilleur ami de Django, Pierre « Baro » Ferret. Le chanteur Freddy Taylor participe à certaines reprises du groupe comme « Georgia on My Mind » et « Nagasaki ». N’ayant pas de batteur, les trois guitaristes utilisent des techniques de guitare percussive. Le groupe crée un nouveau style de musique, le jazz manouche, qui conquiert le public. Ils tournent dans toute l’Europe et enregistrent avec les grands trompettiste et saxophonistes de l’époque : Coleman Hawkins, Benny Carter et Rex Stewart.
En 1939, alors que la guerre est déclarée, le quintette est en tournée en Angleterre. Stéphane Grappelli choisit de rester à Londres tandis que Django rentre en France. N’étant pas mobilisable dans l’armée à cause de ses brûlures, il passe cette période à jouer dans des clubs, généralement en « zone libre ». En 1940, il enregistre son fameux « Nuages » avec le clarinettiste Hubert Rostaing. En 1943, il épouse Sophie Ziegler, avec qui il aura un fils, Babik Reinhardt (décédé en 2001) qui deviendra lui aussi un grand guitariste.
Malgré la haine des nazis envers le peuple gitan et l’interdiction de jouer et d’enregistrer du jazz mise en place par le régime, Django survit à la guerre. Il aurait bénéficié de la protection d’un officier de la Wehrmacht fan de jazz, Dietrich Schulz-Köhn, qui était en contact avec le Hot Club avant 1939 et écrivit plusieurs ouvrages sur le genre après la guerre.
Dès la fin de la guerre, Django rejoint Grappelli et le Hot Club de France reprend ses activités. En 1946, Django est invité aux Etats-Unis par Duke Ellington en tant qu’invité spécial dans son big-band. A son arrivée à New-York, il essaye de rencontrer ses idoles : Charlie Parker, Dizzie Gillepsie, ces artistes modernes dont il a déjà assimilé le style be-bop, mais ceux-ci étant en tournée, toutes ses démarches n’aboutissent pas.Le guitariste est très enthousiaste à propos de cette tournée mais il n’arrive pas à s’habituer à la discipline nécessaire, de plus il n’est pas partie intégrante du groupe comme il le souhaiterait, mais apparait à la fin des concerts. Plus tard on lui demande de jouer sur une guitare électrique, lui qui a l’habitude de ses modèles Selmer, mais le résultat ne plait pas à ses admirateurs, bien que lui-même soit emballé. Il rentre alors en France, déçu.
Après son retour, Django, reforme ponctuellement le Hot Club pour des enregistrements. En 1948, avec Stéphane Grappelli et des musiciens italiens, il enregistre un de ses chefs d’œuvres : « Djangology ». Bien que très influencé par les musiciens de jazz américains, il retourne vers le jazz manouche de ses débuts.
En 1951, il s’établit à Samois-sur-Seine (77) et connait un renouveau musical. Il s’entoure des meilleurs musiciens de be-bop français, Pierre Michelot, Roger Guérin, Bernard Peiffer, et reste résolument moderne dans son approche du jazz. Sa dernière séance d’enregistrement, en avril 1953, le voit collaborer avec le pianiste Martial Solal, Pierre Michelot et le percussionniste belge « Fats » Sadi Lallemand.
Django Reinhardt meurt le 16 mai 1953 de congestion cérébral.
La plupart des grands guitaristes ayant foulé la scène musicale ces cinquante dernières années avouent une grande admiration pour Django. Chet Atkins, Les Paul, George Benson, mais aussi Tony Iommi (qui s’est inspiré de la technique de Django après avoir perdu deux phalanges dans un accident), Mark Knopfler ou encore Jeff Beck. Jimi Hendrix a dit avoir nommé son Band Of Gypsys d’après son admiration pour Django.
Plusieurs festivals mettant à l’honneur Django Reinhardt ont lieu chaque année, dont un à Liberchies, sa ville natale (en mai), et un à Samois-sur-Seine (en juin).
Une de ses guitares Selmer est visible dans les collections du musée de la Cité de la Musique à Paris.
Galerie
Liens
- MySpace : http://www.myspace.com/djangoreinhart
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