B. B. King

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11 juin 2009 à 18:44 par Vincent
Riley B. King est un bluesman américain né en 1925 dans l’état du Mississippi. Guitariste et songwriter, il a influencé la plupart des grands guitaristes de la génération suivante (Hendrix, Clapton, Moore,).

Né de parents métayers, Riley connaît ses premières expériences musicales dans l’église de sa paroisse. Il apprend d’ailleurs ses premiers accords avec un pasteur, Archie Fair, qui déclame ses sermons en s’accompagnant d’une guitare qui fascine le futur bluesman. En 1935, il forme avec son cousin un groupe de gospel. En 1940, il déménage à Lexington, pour retrouver son père (que sa mère avait quitté pour un autre homme lorsque Riley avait 4 ans) mais a rapidement le mal du pays et en 1942, il retourne dans sa ville natale pour reprendre l’école et retrouver son groupe. Une famille de commerçants, les Cartledge, donne à Riley un travail et un toit et lui prête même de l’argent pour acheter sa première guitare. Fin 42, il décide de partir dans la région du delta pour trouver un meilleur travail, même si son souhait le plus cher est de former un plus grand groupe avec son cousin Birkett. Ce dernier emprunte une voiture et au printemps 1943, il part avec Riley pour Indianola.

A Indianola, il trouve du travail dans une plantation et devient conducteur de tracteur pour 1$ par jour. Il entre aussi dans un nouveau groupe, « The Famous St. John’s Gospel Singers », qu’il accompagne à la guitare pendant qu’ils chantent dans des églises. En 1944, il est déclaré apte au service militaire, mais son patron, Johnson Barrett, ne voulant pas perdre un conducteur expérimenté, demande l’annulation de son service pour occupation professionnelle. De plus Barrett dit à Riley qu’un mariage augmenterait ses chances de ne pas servir et il se marie alors avec Martha Denton, en novembre 1944.

Après avoir été exempté de service, Riley tente de convaincre son groupe de quitter Indianola en quête de gloire, mais il se rend compte qu’il devra faire carrière tout seul. En mai 1946, alors qu’il revient des champs sur son tracteur, Riley arrête son engin mais le moteur continue de tourner quelques instants et le tracteur rentre dans un mur, cassant son pot d’échappement. Riley, ne voulant pas affronter un Barrett en colère, quitte la ville en direction de Memphis, avec sa guitare et 2,50$ en poche


A Memphis, il cherche son cousin Bukka White, un bluesman qui le prend sous son aile et lui apprend tout ce qu’il doit savoir, de la manière dont il doit tenir sa guitare jusqu’au songwriting. Ils jamment souvent ensemble mais ne jouent jamais en public. Après presque un an de ces leçons, Riley ne croit plus en sa carrière de musicien. Sa femme lui manque et il retourne à Indianola en 1947. A la fin de l’été 1948, grâce à un travail de conducteur de tracteur payé 22,50$ la semaine et à ce qu’il récolte en jouant de la guitare dans les rues, il paye ses dettes, puis retourne à Memphis, finalement décidé à percer dans la musique.

De retour à Memphis, il va voir Sonny Boy Williamson (Aleck « Rice » Miller), le patron d’une station de radio blues locale, KWEM, qu’il avait rencontré à Indianola. Williamson accepte de laisser Riley jouer en direct et la radio est inondée d’appels. Le patron de KWEM lui offre alors l’opportunité de jouer en live sur la scène d’un grand salon de Memphis.

En juin 1947, une nouvelle station de radio, WDIA, vit le jour à Memphis. Il s’agissait d’une des seules radios américaines à être gérée uniquement par des noirs. Riley passa aux studios de WDIA et demanda au DJ Nat Williams si il pouvait enregistrer une chanson. Un des patrons de la radio, Bert Ferguson, intrigué par la demande de Riley, eut une idée. La station ayant signé un contrat avec un nouveau tonique médicinal nommé Pepticon, il autorisa Riley à jouer dix minutes sur son antenne, à partir du moment où il acceptait de promouvoir ce produit. Le futur B.B inventa instantanément un slogan, « Pepticon, Pepticon sure is good You can get it anywhere in your neighborhood », et devint The Pepticon Boy. Grâce à sa popularité, il fut promu DJ sur la radio, son show, le « Sepia Swing Club », étant un grand succès. Il y jouait des enregistrements d’artistes noirs, mais aussi ses propres compositions et même parfois des requêtes provenant de ses auditeurs. Se cherchant un nom accrocheur, il choisit « Beale Street Blues Boy », puis « Blues Boy King » et finalement « B.B King ».

B.B King enregistra ses premiers disques en 1949 pour la Bullet Recording and Transcription Company. Ces enregistrements firent forte impression sur les frères Bihari, patrons de Modern Records, qui, à l’été 1949, signe B.B King. Fin 1949, le label RPM de Modern Records avait déjà produit six singles de B.B King, notamment « B.B Boogie » (écoutable ici). Bien qu’aucun de ces enregistrements ne soit un succès national, B.B était une star locale qui était en tête d’affiche dans tous les clubs locaux. Malheureusement, en dehors de Memphis, personne n’avait entendu parler de B.B King. Il engagea un manager, Robert Henry, propriétaire d’un club de billard sur l’artère principale de Memphis, Beale Street. Henry possédait aussi un magasin de disque et des restaurants.

C’est peu de temps après noël 1951 que le septième single de B.B sur le label RPM, « Three O’Clock Blues », atteint la première place du top R&B américain. Il obtient enfin la consécration nationale en tant que bluesman. Grâce à ce succès, Henry parvient à obtenir un contrat avec Universal Artists, qui lui permet de jouer dans trois grandes salles, l’Howard Theater (Washington), le Royal Theater (Baltimore) et l’Apollo Theater (N.Y). B.B prend congé de son poste à la radio, puis quitte Memphis pour commencer sa première tournée nationale, ce qui déplait fortement à sa femme, Martha, qui le voit déjà en train de fricoter avec de jeunes groupies. Alors qu’il est en tournée, B.B apprend que sa femme a quitté Memphis et demandé le divorce. Cette nouvelle, qui le laisse d’abord sans voix, lui inspire le titre « Woke Up This Morning », qui devient son deuxième grand succès dans les charts. En 1952, B.B et Martha divorcent.

La tournée dura 6 mois et l’année qui suivit, B.B retourna à Memphis pour reprendre son poste de DJ et jouer dans les clubs de la région. En 1953, il quitte Robert Henry et signe avec un nouveau manager et un agent. Il devient, grâce aux engagements qu’ils lui obtiennent, un habitué du « Chitlin’ Circuit » (réseau de salles où pouvaient jouer sans encombres les musiciens noirs américains pendant la ségrégation).

En 1955, un de ses amis achète un bus pour partir en tournée, car à cette époque, le groupe de B.B comporte 13 musiciens. En 1958, ce bus fut impliqué dans un accident, heurtant un camion citerne qui s’enflamma. Miraculeusement, tous les passagers du bus (B.B n’était pas dans le bus) s’en sortirent indemnes, mais B.B, qui n’avait pas renouvelé son assurance, dut payer environ 100.000$ de dommages et intérêts qu’il mit plusieurs années à rembourser.

En 1958, alors qu’il est suivi par de nombreux admirateurs et qu’il est un artiste majeur du monde du blues, il épouse sa seconde femme, Sue Hall, la fille de la patronne du Club Ebony à Indianola. Sue est de 15 ans la cadette de B.B et l’accompagne en tournée les six premiers mois de leur relation avant qu’ils achètent une maison à Los Angeles. Mais B.B étant rarement à la maison et toujours sur la route, ils se séparent en 1966, et comme lors de son premier divorce, B.B enregistre un titre qui deviendra son plus grand succès : « The Thrill Is Gone » (écrit en 1951 par Roy Hawkins).

Bien que la naissance du rock & roll ouvrit des portes à de nombreux artistes noirs (Little Richard, Chuck Berry, James Brown,), le blues resta longtemps hors des sentiers battus par la classe moyenne blanche. B.B, bien qu’ayant changé d’agent et de maison de disque, a du mal à trouver une ouverture. Avant 1968, B.B n’a joué que deux fois devant un public blanc et les deux performances ont tournées au désastre. Ce n’est que vers le milieu des années 60 que les mentalités vont s’ouvrir, notamment grâce à un groupe présent au Newport Folk Festival (devant un public blanc en majorité), le Butterfield Blues Band. Ce jeune groupe remporte un franc succès et la curiosité autour des origines de leur musique s’accroit. Lorsqu’on leur demande « Où avez-vous appris à jouer de cette façon ? », ils répondent « En copiant B.B King ».

Maintenant que toute l’Amérique connait B.B King, il lui faut frapper fort. Pari réussi avec la sortie et l’énorme succès de « The Thrill Is Gone ». Après la sortie de ce tube, les bars du Chitlin’Circuit laissent la place à des clubs de jazz huppés et de grandes salles comme le Fillmore East. En 1969, B.B fait sa première apparition TV dans le « Tonight Show ».

En 1971, il est invité au « Ed Sullivan Show », ce qui est, à cette époque aux Etats-Unis, la preuve qu’un « nouvel » artiste a fortement touché le public. Cette même année, il remporte d’ailleurs le Grammy Award de la meilleure performance masculine R&B en 1971. En juin 1973, B.B est le maître de cérémonie d’un grand rassemblement de bluesmen (Muddy Waters, Eddie « Cleanhead » Vinson,) au Philarmonic Hall de New-York. En 1973, il quitte Sidney Seidenberg, son ami et agent, car il lui reproche de négliger sa carrière par rapport à ses autres clients, notamment Gladys Knight, mais en 1977, alors que B.B n’arrive pas à se débrouiller seul et que Seidenberg a perdu Gladys Knight, ils se remettent à travailler ensemble et ne se quitteront plus (Seidenberg est décédé en 2006).

En 1980, il est introduit au Blues Hall Of Fame. A partir des années 80, B.B a enregistré de moins en moins de disques mais a continué une carrière live très intense, apparaissant dans nombre de shows TV et jouant parfois plus de 300 fois dans l’année, souvent avec des invités comme Eric Clapton, Stevie Ray Vaughan, Phil Collins,

En 1988, B.B touche une nouvelle génération de fans en collaborant avec U2 sur une chanson écrite par Bono, « When Loves Come to Town » (sur l’album « Rattle and Hum » de U2). En 1998, il apparaît dans le film « Blues Brothers 2000 » aux côtés d’Eric Clapton et Bo Diddley. En 2000, il crée un album avec Eric Clapton, intitulé « Riding With The King », dont ils ont eu l’idée lors des sessions d’enregistrement de l’album « Deuces Wild » (1997), un album de collaborations avec entre autres Clapton, Tracy Chapman, Joe Cocker, David Gilmour,

Depuis 2004, la fréquence des tournées de B.B a baissé, même si il n’arrive pas à s’arrêter totalement, malgré son âge et des problèmes de santé liés à son diabète. En mars 2006, à 80 ans, il débute une tournée d’adieu européenne en Angleterre en compagnie de Gary Moore. Il joue au stade de Wembley le 4 avril. En juillet, B.B revient en Europe pour jouer au festival de Montreux, la tournée finie en septembre avec une date au Luxembourg. Fin octobre, il enregistre un CD/DVD live dans ses propres clubs de Memphis et Nashville, « B.B King : Live ». En novembre et décembre, il joue six dates au Brésil.

En2006 et 2007, il participe aux deux éditions du Crossroads Guitar Festival créé par Eric Clapton afin de collecter des fonds pour son centre de désintoxication, Crossroads. Pour l’occasion, on le voit jouer avec Clapton, Buddy Guy, Jimmy Vaughan, Robert Cray et Hubert Sumlin (selon l’année).

En 2008, il joua au festival de Bonnaroo, au Chicago Blues Festival et au Monterey Blues Festival. De plus il fut introduit au Hollywood Bowl Hall Of Fame. En septembre, un musée qui lui est consacré ouvrit à Indianola. Il fit aussi plusieurs apparitions live en décembre 2008, notamment à la 51ème cérémonie des Grammy Awards.

Cette année, il revient en Europe ! Il jouera le20 juillet à Nice dans le cadre du Nice Jazz Festival, le 22 au Palais des Congrès de Paris, le 23 à Cognac au festival Blues Passion et le 24 en compagnie de Jerry Lee Lewis à Vienne (38).



Lucille :

Les guitares de B.B King portent toutes le nom de Lucille, mais une seule est l’originale. Pendant l’hiver 1949, alors que B.B est en train de jouer dans un club de la ville de Twist en Arkansas, une bagarre entre deux hommes renverse un poêle qui enflamme rapidement tout le local. Alors que tout le monde, y compris B.B a évacué, il se rend compte qu’il a oublié sa guitare à l’intérieur. Sans réfléchir, il se jette dans les flammes et récupère la belle, une Gibson acoustique. Apprenant que les deux hommes se battaient à propos d’une femme nommée Lucille, B.B décida de nommer ses guitares Lucille, afin de lui rappeler de ne jamais refaire une bêtise pareille. « Parfois quand j’ai le blues, il me semble que Lucille essaye de m’aider, crie mon nomelle est comme une femme, et c’est la seule sur laquelle j’ai jamais pu compter. J’ai été marié et séparé plusieurs fois, mais Lucille est la seule qui soit toujours restée avec moi. ».

Aujourd’hui, Lucille est une Gibson ES-355, après avoir été une ES-335. La version Custom Shop de Gibson, la B.B King Lucille (créée en 1980), reprend exactement les caractéristiques de la guitare du maître (pas d'ouïes, chevalet Tune-o-matic Nashville, switch Vari-tone, jacks stéréo et mono, tête « B.B King », touche ébène). Il existe aussi une version Gibson de « série » et une version Epiphone (4x moins chère que la Custom Shop).


B.B King, Eric Clapton et Phil Collins en 1987 sur "The Thrill Is Gone":





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